Norma de V. Bellini

Publié le par Mireille


Premier opéra de la saison 2008-2009 à l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne: Norma de V. Bellini.


Tragédie lyrique en deux actes sur un livret de Felice Romani d'après Norma d'Alexandre Soumet, Norma est composée par Vincenzo Bellini entre septembre et la fin de novembre 1831 et créée à la Scala de Milan le 26 décembre 1831.

L'action se déroule en Gaule sous l'occupation romaine, et expose l'intrigue amoureuse qui lie Pollione, proconsul romain, à Norma, son ancienne compagne, et à la jeune Adalgisa. À cette intrigue, se mêle le soulèvement du peuple gaulois contre l'occupant, mené par le druide Oroveso.



Personnages:

  • Pollione, proconsul romain (ténor)

  • Oroveso, chef des druides, père de Norma (basse)

  • Norma, grande prêtresse du temple des druides (soprano)

  • Adalgisa, jeune vierge (soprano)

  • Clotilda, confidente de Norma (soprano)

  • Flavius, centurion romain, ami de Pollione (Ténor)


Argument:

Acte I.

Dans le bois sacré, le grand prêtre Oroveso (basse), les druides et les guerriers gaulois se réunissent ; Oroveso et les druides supplient les dieux d'instiller dans le cœur des guerriers assez de haine pour que soit renversé le joug romain. Tous se retirent et le proconsul de Rome en Gaule, Pollione (ténor), apparaît, accompagné de son ami Flavio (ténor), à qui il confie s'être lassé de la grande prêtresse Norma (soprano), fille d'Oroveso, qui a trahi ses vœux sacrés en lui donnant deux fils ; il aime désormais Adalgisa (soprano, mais ce rôle est souvent confié à une mezzo-soprano), jeune prêtresse du temple d'Irminsul. Ils sortent alors que les Gaulois se rassemblent autour de Norma : allant contre leurs souhaits, elle les dissuade de faire la guerre, prédisant que Rome tombera d'elle-même ; ce faisant, elle cherche surtout à préserver son amant de toute menace. Elle coupe le gui dédié à la déesse Lune, à laquelle elle adresse une prière de paix. Le rite achevé, Adalgisa se retrouve seule, bientôt rejointe par Pollione, qui la presse de ses avances et la convainc de fuir avec lui à Rome.

Dans sa demeure, Norma révèle à sa confidente Clotilde (soprano) son pressentiment que Pollione veut l'abandonner en retournant à Rome. Adalgisa paraît et, pleine de honte, confesse à Norma sa passion pour un Romain. Norma, trouvant le reflet de ses propres tourments dans les déchirements d'Adalgisa entre son amour et ses vœux, est prête à lui pardonner. Mais Pollione apparaît et elle découvre avec fureur que la jeune fille est sa rivale. L'air de Norma mène au trio Norma-Adalgisa-Pollione, un des plus grands moments de la partition, qui conclut l'acte d'une manière alors considérée comme non conventionnelle : Adalgisa, pleine de respect pour Norma, déclare qu'elle ne s'interposera pas entre elle et Pollione ; Norma maudit ce dernier avant que ne retentisse le chœur des Gaulois qui l'appellent à l'autel.



Acte II.

Dans sa demeure, Norma déclare son intention de poignarder ses enfants. Mais, prise de pitié au moment de commettre le geste fatal, elle fait venir Adalgisa, lui révèle son désir de se tuer et lui confie ses fils pour qu'elle en prenne soin lorsqu'elle aura épousé Pollione. Adalgisa refuse de prendre la place de Norma et lui propose de faire renaître l'amour de Pollione pour celle-ci. Les deux femmes chantent leur amitié éternelle dans la brillante cabaletta.

Dans la forêt sacrée, les Gaulois, apprenant par Oroveso que Pollione va être remplacé par un proconsul plus dur, décident de se soulever le moment venu. La haine d'Oroveso éclate.

Dans le temple d'Irminsul, Norma apprend par Clotilde que la démarche d'Adalgisa auprès de Pollione a échoué, et que le proconsul veut enlever la jeune prêtresse. Folle de rage, elle frappe trois fois le bouclier d'airain d'Irminsul, exhortant les Gaulois à prendre les armes. Après que leur chœur vindicatif eut retenti (« Guerra ! Guerra ! » : « Guerre ! Guerre ! »), Clotilde annonce qu'un Romain a été arrêté alors qu'il s'introduisait dans le temple ; il s'agit de Pollione. Avant qu'il ne soit immolé pour cette profanation, Norma lui parle en tête à tête avec emportement : s'il renonce à Adalgisa, elle ne le livrera pas au bûcher avec celle-ci. Aux Gaulois réunis, Norma annonce alors qu'une prêtresse a trahi ses vœux sacrés et mourra à la place de Pollione. Alors que celui-ci s'attend qu'elle leur livre Adalgisa, Norma révèle qu'il s'agit d'elle-même. Le duo de Norma et de Pollione mène au final : bouleversé par la noblesse de Norma, Pollione se précipite avec elle dans le bûcher expiatoire. L'opéra se conclut par un magnifique trio de Norma, Pollione et Oroveso, auquel se joint le chœur.

(Source: Encyclopedia Universalis)

 


Mon avis:

J'ai trouvé cette mise en scène par Jean-Louis Pichon impressionnante et émouvante. Le décor a été transposé dans une guerre contemporaine. La forêt légendaire de Norma est représentée par un alignement de poutres métalliques, un entrepôt ravagé par la guerre. Les guerriers vêtus de longs manteaux gris bleu font penser à des prisonniers d'un goulag. Et Norma n'est plus la prêtresse entourée de druides gaulois, mais un « gourou ». Jean-Louis Pichon a osé moderniser Norma, mais sans exagération, ce qui rend cet opéra tout-à-fait remarquable!


La fin du spectacle était tout de même empreinte d'une certaine amertume: la chasse aux sorcières continue de sévir à l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne! La nouvelle municipalité socialiste vient de remercier Jean-Louis Pichon, directeur et metteur en scène, après 20 ans de bons et loyaux services. Et il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une manœuvre politique! Je croyais que cette pratique était révolue et que les élus étaient devenus intelligents!


L'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne avait acquis une renommée qui dépassait la région stéphanoise avec plus de 10000 abonnés. Que va-t-il devenir? Et que vont devenir les quelques 200 intermittents du spectacle stéphanois s'il n'y a plus de création?

Publié dans Musique & opéra

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Aifelle 20/11/2008 06:57

Ah le monde politique ! Quel dommage, ce sont toujours les usagers qui trinquent et les élus n'en sortent pas grandis.