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Le fil d'Ariane

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Mardi 25 mars 2008

Le narrateur, qui n'est autre que l'auteur, vient de perdre sa mère Perla. Son travail de deuil commence par l'écriture d'un livre qui ressemble plutôt à une succession de réflexions, d'interrogations:
"A vrai dire, je ne sais pas exactement ce que j'écris, ce n'est pas un roman, ce n'est pas un journal, ce n'est pas une autofiction. Qu'est-ce alors? Je est une ombre." (p. 85)

    Née à Olkusz près de Cracovie en Pologne, Perla émigre à Paris dans le quartier juif du Marais. Le 31 juillet 1944, elle est déportée à Auschwitz, ou plus précisement à Birkenau, le camp des femmes. Elle réussit à échapper à la mort et revient à Paris où, quelques années plus tard, elle épousera André. De cette union naîtra un fils unique, Frédéric. Jamais, Perla ne parlera de ses années passées là-bas, jamais les barbelés ne sauteront vraiment entre la mère et le fils.

    A sa mort, Frédéric ressent plus que jamais le besoin de savoir. Alors, il entreprend des recherches dans les livres, sur Internet, pour essayer de se représenter la vie qu'a pu mener sa mère pendant ses années de captivité. En même temps, il essaie de comprendre comment un peuple qui s'est enthousiasmé pour Novalis, Schlegel ou Hölderlin a pu accepter la barbarie et la tyrannie des dirigeants du III° Reich qui se sont approprié la langue des Romantiques:
"Comment la langue de Hölderlin a-t-elle pu ainsi être accaparée par la pire des tyrannies?" (p. 57)

    Frédéric Brun a du mal à saisir cette dualité du peuple allemand. En revanche, il comprend très bien, au fur et à mesure de l'avacement de son livre, que les résultats de ses recherches n'apporteront jamais la réponse à ses interrogations. Jamais il ne pourra ressentir ce que sa mère a vécu."Pourquoi chercher à comprendre l'incompréhensible?" Il vaut mieux garder en mémoire le souvenir heureux des années d'enfance avec la certitude que "une mère, en fait, ça ne meurt jamais."


    Un texte émouvant et enrichi de nombreuses références littéraires et artistiques qui montre combien il est parfois difficile de raconter son vécu même si on risque de se heurter à l'incompréhension et la frustration de son entourage. L'écriture peut être un bon exutoire.
Un livre qui fait également réfléchir au sens de la vie.


Perla de Frédéric Brun
Stock, 2007
ISBN 978-2-234-06027-2



Clarabel, Florinette, Anne et Majanissa ont beaucoup aimé. Gambadou a un avis plus mitigé.
par Mireille publié dans : Littérature francophone communauté : Les lectures de Florinette
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  • : Professeure-documentaliste, je suis passionnée de lecture, curieuse de découvrir de nouveaux auteurs. Ma 2ème passion: la musique classique.

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