Perla de Frédéric Brun ***

Publié le par Mireille


Le narrateur, qui n'est autre que l'auteur, vient de perdre sa mère Perla. Son travail de deuil commence par l'écriture d'un livre qui ressemble plutôt à une succession de réflexions, d'interrogations:
"A vrai dire, je ne sais pas exactement ce que j'écris, ce n'est pas un roman, ce n'est pas un journal, ce n'est pas une autofiction. Qu'est-ce alors? Je est une ombre." (p. 85)

    Née à Olkusz près de Cracovie en Pologne, Perla émigre à Paris dans le quartier juif du Marais. Le 31 juillet 1944, elle est déportée à Auschwitz, ou plus précisement à Birkenau, le camp des femmes. Elle réussit à échapper à la mort et revient à Paris où, quelques années plus tard, elle épousera André. De cette union naîtra un fils unique, Frédéric. Jamais, Perla ne parlera de ses années passées là-bas, jamais les barbelés ne sauteront vraiment entre la mère et le fils.

    A sa mort, Frédéric ressent plus que jamais le besoin de savoir. Alors, il entreprend des recherches dans les livres, sur Internet, pour essayer de se représenter la vie qu'a pu mener sa mère pendant ses années de captivité. En même temps, il essaie de comprendre comment un peuple qui s'est enthousiasmé pour Novalis, Schlegel ou Hölderlin a pu accepter la barbarie et la tyrannie des dirigeants du III° Reich qui se sont approprié la langue des Romantiques:
"Comment la langue de Hölderlin a-t-elle pu ainsi être accaparée par la pire des tyrannies?" (p. 57)

    Frédéric Brun a du mal à saisir cette dualité du peuple allemand. En revanche, il comprend très bien, au fur et à mesure de l'avacement de son livre, que les résultats de ses recherches n'apporteront jamais la réponse à ses interrogations. Jamais il ne pourra ressentir ce que sa mère a vécu."Pourquoi chercher à comprendre l'incompréhensible?" Il vaut mieux garder en mémoire le souvenir heureux des années d'enfance avec la certitude que "une mère, en fait, ça ne meurt jamais."


    Un texte émouvant et enrichi de nombreuses références littéraires et artistiques qui montre combien il est parfois difficile de raconter son vécu même si on risque de se heurter à l'incompréhension et la frustration de son entourage. L'écriture peut être un bon exutoire.
Un livre qui fait également réfléchir au sens de la vie.


Perla de Frédéric Brun
Stock, 2007
ISBN 978-2-234-06027-2



Clarabel, Florinette, Anne et Majanissa ont beaucoup aimé. Gambadou a un avis plus mitigé.

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Nanne 14/04/2008 21:31

On m'a récemment parlé de ce livre que beaucoup de bloggeuses ont lu. L'histoire me semble très intéressante, même si le sujet est connu et remâché. Il est souvent pertinent d'en lire et d'en relire pour tenter de comprendre l'incompréhensible, dont le silence des victimes. Très bel article et très émouvant.

Mireille 28/04/2008 08:27


C'est vrai que le sujet est "surexploité", mais ce qui est intéressant dans ce livre, c'est le côté "recherche du vécu".


cathulu 26/03/2008 17:58

je crois qu'il vient de sortir en poche .

Mireille 27/03/2008 17:47


En effet! Et je trouve la 1ère de couverture très belle.


florinette 26/03/2008 12:33

C'est un magnifique témoignage qui m'a beaucoup touchée !!

BelleSahi 26/03/2008 10:36

Ah je comprends que tu veuilles attendre mais cmaintenant qu'il fait...n'est vraiment pas dur.

cimmeria 26/03/2008 08:45

Bonjour,
Très joli blog et pleins de lectures en vue grâce à vous!
Je suis nouvelle sur la plateforme overblog et je voulais savoir comment vous faîtes pour mettre une page fixe en haut pour souhaiter la bienvenue et aussi comment vous créer les catégories sur le coté? comme par exemple pour l'index?
Je vous remercie

Mireille 26/03/2008 16:15



Pour mettre une page fixe de "bienvenue", j'ai utilisé le module Texte libre pour la page d'accueil. J'ai choisi la structure 3 colonnes pour pouvoir mettre des
catégories qu'il faut faire glisser à droite ou à gauche. Quant à l'index, ce sont en fait des pages (publier "pages"). J'espère avoir été assez claire, car ce n'est pas facile d'expliquer par
écrit d'autant plus qu'en tatonnant un peu, on arrive à des trucs sans savoir trop comment on a fait.