Une exécution ordinaire ****
Date de sortie cinéma : 3 février 2010
Réalisé par Marc Dugain
Avec André Dussollier, Marina Hands, Edouard Baer...
Long-métrage français.
Genre : Drame
Durée : 1h45 min
Année de production : 2009
Distributeur : StudioCanal
Synopsis :
L'automne 1952. Une jeune médecin urologue et magnétiseur qui pratique dans un hôpital de la banlieue de Moscou cherche désespérément à tomber enceinte de son mari, un physicien désabusé qui ne survit que grâce à l'amour qui le lie à sa femme. Cette dernière est à son grand effroi appelée secrètement à soigner Staline, malade, au seuil de la mort, et qui vient de se débarrasser de son médecin personnel. Le dictateur s'insinue dans le couple et installe avec la jeune femme une relation où se mêlent confidences et manipulation. Tour à tour amical et pervers, le monstre livre son art de la terreur comme on ne l'a jamais vu.
Mon avis:
Fin 1952, Staline, souffrant mais encore tout-puissant, fait convoquer une jeune urologue aux dons de magnétiseuse pour calmer ses douleurs. Mais personne ne doit avoir connaissance de cette « relation », pas même le mari d'Ekaterina à qui elle ne cache pourtant rien. Elle se résigne à le quitter, prétextant avoir pris un amant, ce qui n'empêchera pas Vassili d'être torturé.
Marc Dugain a adapté lui-même son roman Une exécution ordinaire paru en 2007. Mais il a eu la bonne idée de ne s'en tenir qu'à la première partie de ce livre complexe qui, avec de nombreux personnages et allers-retours temporels, s'inspirait du naufrage du sous-marin Koursk pour analyser la persistance du totalitarisme stalinien dans la Russie d'aujourd'hui. Seuls subsistent quelques plans d'un sous-marin en modèle réduit et une allusion, un peu décalée, à un petit garçon nommé Vladimir Poutine! Mais c'est pratiquement la seule occasion donnée aux spectateurs d'esquisser un sourire dans ce film psychologiquement dur, car le cinéaste réussit avec brio à reconstituer le climat de terreur et de délation qui régnait à cette époque en URSS: une très grande partie du film se passe dans la pénombre ce qui contribue à souligner encore plus le caractère ambigu et pervers du « petit père des peuples ».
Un film remarquable avec des acteurs excellents! André Dussolier est un Staline plus vrai que nature. Seule la voix permet de reconnaître l'acteur, la silhouette empâtée, le visage marqué par les signes de la vieillesse. Marina Hands, qui interprète l'urologue Ekaterina, est formidable, tout comme Edouard Baer (Vassili). Seul petit bémol: ça fait bizarre d'entendre parler français dans un film dont l'histoire se passe en Russie!