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Le fil d'Ariane

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Musique & opéra

Mercredi 19 novembre 2008


Premier opéra de la saison 2008-2009 à l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne: Norma de V. Bellini.


Tragédie lyrique en deux actes sur un livret de Felice Romani d'après Norma d'Alexandre Soumet, Norma est composée par Vincenzo Bellini entre septembre et la fin de novembre 1831 et créée à la Scala de Milan le 26 décembre 1831.

L'action se déroule en Gaule sous l'occupation romaine, et expose l'intrigue amoureuse qui lie Pollione, proconsul romain, à Norma, son ancienne compagne, et à la jeune Adalgisa. À cette intrigue, se mêle le soulèvement du peuple gaulois contre l'occupant, mené par le druide Oroveso.



Personnages:

  • Pollione, proconsul romain (ténor)

  • Oroveso, chef des druides, père de Norma (basse)

  • Norma, grande prêtresse du temple des druides (soprano)

  • Adalgisa, jeune vierge (soprano)

  • Clotilda, confidente de Norma (soprano)

  • Flavius, centurion romain, ami de Pollione (Ténor)


Argument:

Acte I.

Dans le bois sacré, le grand prêtre Oroveso (basse), les druides et les guerriers gaulois se réunissent ; Oroveso et les druides supplient les dieux d'instiller dans le cœur des guerriers assez de haine pour que soit renversé le joug romain. Tous se retirent et le proconsul de Rome en Gaule, Pollione (ténor), apparaît, accompagné de son ami Flavio (ténor), à qui il confie s'être lassé de la grande prêtresse Norma (soprano), fille d'Oroveso, qui a trahi ses vœux sacrés en lui donnant deux fils ; il aime désormais Adalgisa (soprano, mais ce rôle est souvent confié à une mezzo-soprano), jeune prêtresse du temple d'Irminsul. Ils sortent alors que les Gaulois se rassemblent autour de Norma : allant contre leurs souhaits, elle les dissuade de faire la guerre, prédisant que Rome tombera d'elle-même ; ce faisant, elle cherche surtout à préserver son amant de toute menace. Elle coupe le gui dédié à la déesse Lune, à laquelle elle adresse une prière de paix. Le rite achevé, Adalgisa se retrouve seule, bientôt rejointe par Pollione, qui la presse de ses avances et la convainc de fuir avec lui à Rome.

Dans sa demeure, Norma révèle à sa confidente Clotilde (soprano) son pressentiment que Pollione veut l'abandonner en retournant à Rome. Adalgisa paraît et, pleine de honte, confesse à Norma sa passion pour un Romain. Norma, trouvant le reflet de ses propres tourments dans les déchirements d'Adalgisa entre son amour et ses vœux, est prête à lui pardonner. Mais Pollione apparaît et elle découvre avec fureur que la jeune fille est sa rivale. L'air de Norma mène au trio Norma-Adalgisa-Pollione, un des plus grands moments de la partition, qui conclut l'acte d'une manière alors considérée comme non conventionnelle : Adalgisa, pleine de respect pour Norma, déclare qu'elle ne s'interposera pas entre elle et Pollione ; Norma maudit ce dernier avant que ne retentisse le chœur des Gaulois qui l'appellent à l'autel.



Acte II.

Dans sa demeure, Norma déclare son intention de poignarder ses enfants. Mais, prise de pitié au moment de commettre le geste fatal, elle fait venir Adalgisa, lui révèle son désir de se tuer et lui confie ses fils pour qu'elle en prenne soin lorsqu'elle aura épousé Pollione. Adalgisa refuse de prendre la place de Norma et lui propose de faire renaître l'amour de Pollione pour celle-ci. Les deux femmes chantent leur amitié éternelle dans la brillante cabaletta.

Dans la forêt sacrée, les Gaulois, apprenant par Oroveso que Pollione va être remplacé par un proconsul plus dur, décident de se soulever le moment venu. La haine d'Oroveso éclate.

Dans le temple d'Irminsul, Norma apprend par Clotilde que la démarche d'Adalgisa auprès de Pollione a échoué, et que le proconsul veut enlever la jeune prêtresse. Folle de rage, elle frappe trois fois le bouclier d'airain d'Irminsul, exhortant les Gaulois à prendre les armes. Après que leur chœur vindicatif eut retenti (« Guerra ! Guerra ! » : « Guerre ! Guerre ! »), Clotilde annonce qu'un Romain a été arrêté alors qu'il s'introduisait dans le temple ; il s'agit de Pollione. Avant qu'il ne soit immolé pour cette profanation, Norma lui parle en tête à tête avec emportement : s'il renonce à Adalgisa, elle ne le livrera pas au bûcher avec celle-ci. Aux Gaulois réunis, Norma annonce alors qu'une prêtresse a trahi ses vœux sacrés et mourra à la place de Pollione. Alors que celui-ci s'attend qu'elle leur livre Adalgisa, Norma révèle qu'il s'agit d'elle-même. Le duo de Norma et de Pollione mène au final : bouleversé par la noblesse de Norma, Pollione se précipite avec elle dans le bûcher expiatoire. L'opéra se conclut par un magnifique trio de Norma, Pollione et Oroveso, auquel se joint le chœur.

(Source: Encyclopedia Universalis)

 


Mon avis:

J'ai trouvé cette mise en scène par Jean-Louis Pichon impressionnante et émouvante. Le décor a été transposé dans une guerre contemporaine. La forêt légendaire de Norma est représentée par un alignement de poutres métalliques, un entrepôt ravagé par la guerre. Les guerriers vêtus de longs manteaux gris bleu font penser à des prisonniers d'un goulag. Et Norma n'est plus la prêtresse entourée de druides gaulois, mais un « gourou ». Jean-Louis Pichon a osé moderniser Norma, mais sans exagération, ce qui rend cet opéra tout-à-fait remarquable!


La fin du spectacle était tout de même empreinte d'une certaine amertume: la chasse aux sorcières continue de sévir à l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne! La nouvelle municipalité socialiste vient de remercier Jean-Louis Pichon, directeur et metteur en scène, après 20 ans de bons et loyaux services. Et il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une manœuvre politique! Je croyais que cette pratique était révolue et que les élus étaient devenus intelligents!


L'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne avait acquis une renommée qui dépassait la région stéphanoise avec plus de 10000 abonnés. Que va-t-il devenir? Et que vont devenir les quelques 200 intermittents du spectacle stéphanois s'il n'y a plus de création?

Par Mireille
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Mardi 5 février 2008

Pour la première fois, le Grand Théâtre Massenet a accueilli ce week-end La Gioconda d'Amilcare Ponchielli (1834-1886). Ce drame lyrique en quatre actes, dont la version définitive date du 12 février 1880, est rarement joué et pourtant il mérite d'être connu. Il faut dire aussi que le metteur en scène Jean-Louis Grinda n'a pas lésiné sur les moyens: plus de cent personnes sur scène, plus de trois cent costumes somptueux et des effets spéciaux pour recréer la splendeur de Venise, son carnaval au XVII°s., mais aussi son pouvoir politique intolérant.

 
 

C'est la pièce de Victor Hugo Angelo, tyran de Padoue qui a servi de source d'inspiration au librettiste Arrigo Boito pour écrire l'histoire de Gioconda, chanteuse de rue, interprétée avec brio par Cristina Piperno.

 

Acte I: La Gueule des Lions (Cour du Palais des Doges)
Gioconda est amoureuse d'Enzo, un noble banni de Venise qui, lui, est épris de Laura, femme d'Alvise, le chef de l'Inquisition d'Etat. Mais Barnaba, membre influent de la cité, veut séduire Gioconda qui refuse ses avances. Pour se venger, celui-ci accuse à tort la mère de Gioconda, une femme aveugle (la Cieca) de sorcellerie. Laura demande à son époux la grâce de la vieille dame. En remerciement, la Cieca lui offre son rosaire. La libération de la mère de Gioconda et son amour pour Enzo provoquent la colère de Barnaba. Il va tenter d'éloigner son rival en lui promettant d'organiser sa fuite avec Laura. Cependant, il va avertir Alvise des projets de son épouse en lui écrivant une lettre qui glisse dans la Gueule aux Lions. Gioconda, qui a entendu Barnaba dicter sa lettre à un écrivain public, décide de tuer Laura.

 
 

Acte II: Le Rosaire (Une nuit sur une rive déserte d'une île de la lagune de Fusina)
Cachée dans le bateau qui doit éloigner les fugitifs, Gioconda tente de poignarder Laura quand soudain elle reconnaît le Rosaire donné par sa mère. En reconnaissance du geste salvateur de Laura, Gioconda se ravise et se résigne à la laisser s'enfuir avec Enzo. Sur ces entrefaites, Alvise, averti par Barnaba, arrive. Laura réussit à fuir et Enzo se jette à la mer.

 
 

Acte III: La Ca' d'Oro
Laura est rattrapée par son époux. Celui-ci l'oblige à boire un poison pour la punir de son infidélité. Pendant ce temps, une fête est organisée en son palais. Gioconda présente à la fête parvient à substituer le poison par un puissant somnifère. A l'issue de la fête, Alvise décide de montrer le cadavre de son épouse. Caché parmi les invités, Enzo se confond. Pour lui éviter une arrestation, Gioconda promet d'épouser Barnaba qui prend la Cieca en otage.

 
 
Acte IV: Le Canal Orfano
Désespérée, Gioconda, qui a perdu son amour et sa mère, pense à se suicider (Suicido). Le corps de Laura, toujours endormie, est transporté dans un palais en ruine. Gioconda espère secrètement que Laura ne se réveillera pas, mais le miracle n'aura pas lieu. Laura part avec Enzo venu la chercher. Lorsque Barnaba arrive, Gioconda se poignarde sous ses yeux et n'entendra pas sa dernière cruauté: il vient de tuer la Cieca.
 
 

L'histoire peut paraître complexe, mais tous les éléments du drame sont en place pour aboutir à l'ultime sacrifice de l'héroïne sous l'ovation d'un public, qui après environ quatre heures de spectacle entrecoupé de deux entractes, ne cesse d'applaudir aussi bien les acteurs principaux, que le choeur et l'orchestre symphonique de Saint-Etienne sous la direction de Laurent Campellone.

 
 

Si l'oeuvre de Ponchielli n'est pas très connue, en revanche qui ne connaît pas l'un des plus beaux ballets d'opéra La Ronde des heures, repris par Disney dans Fantasia, et brillament interprété par les ballets de l'Opéra de Nice? Encore une fois, l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne a offert aux mélomanes de la région un spectacle de grande qualité.

 

Par Mireille
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Lundi 14 janvier 2008

Un dimanche à l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne pour assister à la représentation du Requiem de Verdi.


250px-Verdi.jpg Giuseppe Verdi, qui composa ce Requiem en mémoire de son défunt ami Alessandro Manzoni, décédé le 22 mai 1873, est très affecté par sa mort; il n'assistera d'ailleurs pas aux funérailles. Tous les deux s'étaient engagés pour l'unité italienne au sein du Risorgimento, pour les idéaux de justice et d'humanité. Manzoni, catholique libéral, ami de la France et de Claude Fauriel (un nom bien connu des Stéphanois!), avait résolu d'exalter cette unité dans la littérature, en particulier dans son roman Les Fiancés.

La création du Requiem eut lieu le jour du premier anniversaire de la mort de Manzoni le 22 mai 1874 en l'église San Marco de Milan. Il fut accueilli avec un grand enthousiasme et trois autres exécutions furent réalisées au théâtre de la Scala, où la foule se pressa.

Verdi a su insuffler à cette messe pour quatuor vocal, choeur et orchestre, une puissance et un lyrisme impressionnants. 200 choristes issus de quatre choeurs (Le Groupe Vocal Universitaire, L'Ensemble vocal de Saint-Etienne, La Maîtrise du Conseil Général de la Loire et Le Choeur Symphonia) occupaient le fond de la scène du Grand Théâtre Massenet. L'orchestre, les choeurs et les quatre solistes étaient placés sous la direction du jeune chef Laurent Campellone qui a dirigé l'ensemble avec brio.

Comme dans ses opéras, Verdi utilise des contrastes violents pour émouvoir le public. J'ai été particulièrement impressionnée par Le Tuba Mirum, annoncé de façon inquiétante par des trompettes cachées aux balcons, qui se déclenche dans un immense fortissimo de cuivres et par le Sanctus bref et très gai. Le final Libera me fut également grandiose! Je m'attendais à un Requiem plus « classique », une messe des morts, alors que Verdi a écrit son requiem pour les vivants, et non pour les morts. Bref, un pur moment de bonheur!
Par Mireille
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