Compagne de Man Ray auquel elle inspira ses photos les plus mythiques, elle sera immortalisée
par Kisling, Foujita, Per Krohg, Calder, Utrillo ou Léger. Mais si Kiki est la muse d'une génération qui cherche à évacuer toute la gueule de bois de la Grande Guerre, elle est avant tout une des
premières femmes émancipées de ce siècle. Au-delà de la liberté sexuelle et sentimentale qu'elle s'accorde, Kiki s'impose par une liberté de ton, de parole et de pensée qui ne relève d'aucune
autre école que celle de la vie.
Voici une BD de 368 p. en noir et blanc qui retrace assez fidèlement la vie de Kiki, la reine de Montparnasse, née Alice Ernestine Prin, le 2 octobre 1901 à Châtillon-sur-Seine en Côte-d'Or
et morte le 29 mars 1953 à Paris.
Enfant illégitime, elle est élevée par sa grand-mère dans une grande pauvreté. Mais, déjà elle semble attirée par les bêtises et le vin rouge ne lui fait pas peur!
À l'âge de douze ans, elle quitte Châtillon pour rejoindre sa mère, Marie Prin, qui est linotypiste à Paris et tient à lui perfectionner son éducation.
À treize ans, elle la retire de l'école pour la faire travailler comme apprentie, puis comme ouvrière.
En 1917, Alice est placée à seize ans comme bonne à tout faire chez une boulangère. Elle se révolte contre les mauvais traitements de cette dernière qui la licencie. Pour compenser le manque
d'argent, elle pose nue chez un sculpteur pour la première fois, s'ensuit une violente brouille avec sa mère qui la rejette.
En 1921, elle devient la compagne et le modèle préféré de Man Ray qui disait que son physique était de la tête aux pieds
irréprochable. Il fit d'elle de nombreuses photographies dont la
célèbre photo d'une femme assise dont le dos porte des ouvertures analogues à celles d'un violoncelle,
Le Violon d'Ingres. En 1924, Moïse Kisling peint son portrait intitulé
Nu
assis. Elle a également posé pour Léonard Foujita en 1922 pour son tableau
Nu couché à la toile de Jouy et apparaît dans quelques films.
La Seconde Guerre mondiale sonne le glas de sa gloire. Elle sombre dans la misère. Acoolique et droguée, elle meurt en 1953, emportant avec elle le souvenir de la gloire passée de
Montparnasse.
Merci
Essel de m'avoir fait découvrir cette BD et, par conséquent, Kiki de Montparnasse!
Flo aussi a beaucoup aimé.
Kiki de Montparnasse
Catel & Bocquet
Casterman, 2008
ISBN 978-2-203-01807-5
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