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Le fil d'Ariane

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Jeudi 6 novembre 2008

4ème de couverture:

La Hague... Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe du Cotentin vit une poignée d'hommes. C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne. Employée par le Centre Ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu'elle voit Lambert, c'est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d'un certain Michel. D'autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili au comptoir de son bar, ou son père, l'ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L'histoire de Lambert intrigue la narratrice et l'homme l'attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.



Claudie Gallay a choisi la Hague, «un endroit comme au bout du monde», pour situer son nouveau roman, Les Déferlantes. Une fiction où la nature et les hommes sont intimement liés. La genèse de son roman lui est venue d'un poème de Prévert, une histoire de gardien de phare qui aimait tellement les oiseaux qu'il était prêt à éteindre le fanal, certaines nuits, pour qu'ils ne s'écrasent plus contre sa lumière aveuglante.


Deux ou trois maisons, un café, un phare et l'Atlantique, voici pour le décor. La narratrice, qui n'a pas de prénom, est là-bas depuis six mois lorsque commence le récit. Elle est arrivée à l'automne et travaille pour le Centre Ornithologique de Caen. Elle a trouvé à la Hague le gîte, le couvert. La Griffue, comme l'appellent les habitants du nom de la maison où elle habite, est une écorchée vive, une taiseuse qui a besoin de silences pour faire le deuil de son ami.


Dès les premières pages, on assiste à la première tempête. Tous les protagonistes sont aux aguets, comme dans un minuscule théâtre: Lambert, l'homme qui revient chez lui après des années d'absence pur élucider le naufrage de ses parents et de son frère Paul, la vieille Nan qui perd la tête et qui croit reconnaître en Lambert son fils adoptif Michel, les habitués du bistrot de Lili, son père Théo, et surtout, la mer qui prend les bateaux et leur équipage et empêche les familles d'enterrer leurs morts. Puis, peu à peu, le passé de ces personnages habités à la fois par l'amour et la haine, l'égoïsme et l'altruisme, éclabousse le présent, comme une déferlante qui vient s'échouer sur les rochers.



Il a fallu que j'atteigne la moitié du livre pour ensuite le dévorer d'une traite! La sensation était étrange: j'avais du mal à entrer dans l'histoire, mais je n'avais pas non plus envie d'abandonner la lecture; un peu comme happée par le creux d'une déferlante. Une fois le roman refermé, je peux dire que j'ai bien aimé. Oui, vraiment beaucoup aimé! Je découvre Claudie Gallay avec un très bon roman.



Les Déferlantes
Gallay, Claudie
Ed. du Rouergue (La Brune), 2008 (525 p.)
ISBN 978-2-8415-6934-2




Par Mireille - Publié dans : Littérature francophone - Communauté : Les lectures de Florinette
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