Les Déferlantes ***

Publié le par Mireille


4ème de couverture:

La Hague... Ici on dit que le vent est parfois tellement fort qu'il arrache les ailes des papillons. Sur ce bout du monde en pointe du Cotentin vit une poignée d'hommes. C'est sur cette terre âpre que la narratrice est venue se réfugier depuis l'automne. Employée par le Centre Ornithologique, elle arpente les landes, observe les falaises et leurs oiseaux migrateurs. La première fois qu'elle voit Lambert, c'est un jour de grande tempête. Sur la plage dévastée, la vieille Nan, que tout le monde craint et dit à moitié folle, croit reconnaître en lui le visage d'un certain Michel. D'autres, au village, ont pour lui des regards étranges. Comme Lili au comptoir de son bar, ou son père, l'ancien gardien de phare. Une photo disparaît, de vieux jouets réapparaissent. L'histoire de Lambert intrigue la narratrice et l'homme l'attire. En veut-il à la mer ou bien aux hommes? Dans les lamentations obsédantes du vent, chacun semble avoir quelque chose à taire.



Claudie Gallay a choisi la Hague, «un endroit comme au bout du monde», pour situer son nouveau roman, Les Déferlantes. Une fiction où la nature et les hommes sont intimement liés. La genèse de son roman lui est venue d'un poème de Prévert, une histoire de gardien de phare qui aimait tellement les oiseaux qu'il était prêt à éteindre le fanal, certaines nuits, pour qu'ils ne s'écrasent plus contre sa lumière aveuglante.


Deux ou trois maisons, un café, un phare et l'Atlantique, voici pour le décor. La narratrice, qui n'a pas de prénom, est là-bas depuis six mois lorsque commence le récit. Elle est arrivée à l'automne et travaille pour le Centre Ornithologique de Caen. Elle a trouvé à la Hague le gîte, le couvert. La Griffue, comme l'appellent les habitants du nom de la maison où elle habite, est une écorchée vive, une taiseuse qui a besoin de silences pour faire le deuil de son ami.


Dès les premières pages, on assiste à la première tempête. Tous les protagonistes sont aux aguets, comme dans un minuscule théâtre: Lambert, l'homme qui revient chez lui après des années d'absence pur élucider le naufrage de ses parents et de son frère Paul, la vieille Nan qui perd la tête et qui croit reconnaître en Lambert son fils adoptif Michel, les habitués du bistrot de Lili, son père Théo, et surtout, la mer qui prend les bateaux et leur équipage et empêche les familles d'enterrer leurs morts. Puis, peu à peu, le passé de ces personnages habités à la fois par l'amour et la haine, l'égoïsme et l'altruisme, éclabousse le présent, comme une déferlante qui vient s'échouer sur les rochers.



Il a fallu que j'atteigne la moitié du livre pour ensuite le dévorer d'une traite! La sensation était étrange: j'avais du mal à entrer dans l'histoire, mais je n'avais pas non plus envie d'abandonner la lecture; un peu comme happée par le creux d'une déferlante. Une fois le roman refermé, je peux dire que j'ai bien aimé. Oui, vraiment beaucoup aimé! Je découvre Claudie Gallay avec un très bon roman.



Les Déferlantes
Gallay, Claudie
Ed. du Rouergue (La Brune), 2008 (525 p.)
ISBN 978-2-8415-6934-2




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marques 16/02/2010 19:50


Grace a votre commentaire, j'ai insisté pour arriver jusqu'a la moitié du livre; sa n'a pas été une mince affaire ;) mais passer se "cap" comme vous le dites si bien je les dévoré moi aussi. Il est
génial!!
Merci.


Mireille 16/02/2010 21:12


Ravie qu'il vous ait plu! Je devrais rencontrer Claudie Gallay début mars. J'espère qu'elle expliquera pourquoi l'histoire est si longue à se mettre en place.


Marianne 12/11/2008 19:01

Voilà une histoire qu'il me plairait de découvrir à mon tour !J'aime les personnages mystérieux !!

Lune de pluie 11/11/2008 22:46

J'ai lu, il y a peu de temps, "Seule Venise" que j'ai énormément aimé et suis occupée à lire "Dans l'or du temps". Je lirai sûrement Les déferlantes. Vraiment un auteur que je découvre et apprécie. Bonne semaine.

Florinette 11/11/2008 16:11

À force de n'en lire que des éloges, il figure maintenant en bonne place sur ma LAL, bonne fin de journée Mreille !

rené 07/11/2008 18:29

Amitiés d’un petit poète qui s’enquiert de toute lumière…et vous convie au partage des émotions…