Printemps des poètes

Publié le par Mireille

Un des mes poèmes préférés...


Le dormeur du val


C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur RIMBAUD

Publié dans Poésies

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RAOUX 28/09/2008 19:42

Les oies sauvages
Les oies sauvages.Tout est muet, l'oiseau ne jette plus ses cris.La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs proies,Fouillent du bec la neige et tachent sa pâleur.Voilà qu'à l'horizon s'élève une clameur ;Elle approche, elle vient, c'est la tribu des oies.Ainsi qu'un trait lancé, toutes, le cou tendu,Allant toujours plus vite, en leur vol éperdu,Passent, fouettant le vent de leur aile sifflante.Le guide qui conduit ces pèlerins des airsDelà les océans, les bois et les déserts,Comme pour exciter leur allure trop lente,De moment en moment jette son cri perçant.Comme un double ruban la caravane ondoie,Bruit étrangement, et par le ciel déploieSon grand triangle ailé qui va s'élargissant.Mais leurs frères captifs répandus dans la plaine,Engourdis par le froid, cheminent gravement.Un enfant en haillons en sifflant les promène,Comme de lourds vaisseaux balancés lentement.Ils entendent le cri de la tribu qui passe,Ils érigent leur tête ; et regardant s'enfuirLes libres voyageurs au travers de l'espace,Les captifs tout à coup se lèvent pour partir.Ils agitent en vain leurs ailes impuissantes,Et, dressés sur leurs pieds, sentent confusément,A cet appel errant se lever grandissantesLa liberté première au fond du coeur dormant,La fièvre de l'espace et des tièdes rivages.Dans les champs pleins de neige ils courent effarés,Et jetant par le ciel des cris désespérésIls répondent longtemps à leurs frères sauvages.Peut-être mon préféré...Amitiés

Mireille 29/09/2008 08:36


En effet, très beau poème!


Raoux 26/09/2008 09:10

BonjourMerci pour votre commentaire.Les oies sauvages de Maupassant n'est pas mal non plus?

Mireille 26/09/2008 09:30


Je ne connais pas!


RAOUX 22/09/2008 18:28

Bonjour;Je découvre votre site, et je pense m'y référer!Amitiés.
RAOUX-Pierre.
La jeune fille.
Texte poétique : 30
 
 
Il y a cette rivière d’eau de source
Vierge, sinueuse sur un lit de mousse
Chuchoter en clapotis à vos oreilles
Vous pouvez dormir là ? sans veille
 
Et cette brise matinale, qui pousse
A désunir par jeu, vos boucles rousses
Se vente à fredonner, en ritournelle
Qu’il paraît profond, votre sommeil
 
Les rayons à bout, se courroucent
Vainement à colorer votre frimousse
Qui se révèle, telle la lune de ce soir
Etrangement pâle, comme illusoire
 
Vous êtes étendue, la tête pivotée
Insensiblement à droite l’air hébété
Avec au cou les traces d’empreintes
De mains d’on t’on saisit l’étreinte
 
Il y a là, couchée sur le frais gazon
Inerte, une jeune fille sans raison.
 
 
* Inspiré du Dormeur du val d’Arthur Rimbaud.
 
 
 

Mireille 23/09/2008 08:24


Très belle adaptation!


scoobydu41 22/03/2008 12:16

Très beau poème qui donne envie d'écrire.
PS:Tu m'as dit mettre mon blog en favori mais je ne le voit pas dans la rubrique :"Valent le détour"Peux-tu le rajouter? et lorsque tu viendras sur mon blog peux-tu me faire l'honneur de signer mon livre d'or?.Merci et à bientôt de te lire.

Mireille 22/03/2008 17:55


Voilà, c'est fait! Quant au Livre d'or, c'est bien compliqué pour le signer!


anjelica 17/03/2008 22:07

c'est aussi un de mes préférés !