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Le fil d'Ariane

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Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /2008 14:18
Un des mes poèmes préférés...


Le dormeur du val


C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur RIMBAUD

Par Mireille - Publié dans : Poésies - Communauté : Les lectures de Florinette
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Commentaires

c'est un très beau poème que j'ai étudié au lycée et que j'ai entendu réciter aujourd'hui dans le cadre du Printemps des poètes.
Commentaire n°1 posté par saxaoul le 13/03/2008 à 19h31
Moi aussi je l'ai découvert au lycée.
Réponse de Mireille le 14/03/2008 à 18h02
J'aime beaucoup ce poème et ce fut un plaisir de pouvoir le relire ! :-)
Commentaire n°2 posté par florinette le 14/03/2008 à 12h33
Je le relis toujours avec autant de plaisir.
Réponse de Mireille le 14/03/2008 à 18h03
très beau poème, ce serait bien si l'on pouvait écrire aussi bien
Commentaire n°3 posté par scoobydu41 le 14/03/2008 à 14h16
Oh oui, ce serait bien! Mais n'est pas Rimbaud qui veut...
Réponse de Mireille le 14/03/2008 à 15h02
c'est aussi un de mes préférés !
Commentaire n°4 posté par anjelica le 17/03/2008 à 22h07
Très beau poème qui donne envie d'écrire. PS:Tu m'as dit mettre mon blog en favori mais je ne le voit pas dans la rubrique :"Valent le détour"Peux-tu le rajouter? et lorsque tu viendras sur mon blog peux-tu me faire l'honneur de signer mon livre d'or?.Merci et à bientôt de te lire.
Commentaire n°5 posté par scoobydu41 le 22/03/2008 à 12h16
Voilà, c'est fait! Quant au Livre d'or, c'est bien compliqué pour le signer!
Réponse de Mireille le 22/03/2008 à 17h55
Bonjour;

Je découvre votre site, et je pense m'y référer!

Amitiés.

RAOUX-Pierre.

La jeune fille.

Texte poétique : 30

 

 

Il y a cette rivière d’eau de source

Vierge, sinueuse sur un lit de mousse

Chuchoter en clapotis à vos oreilles

Vous pouvez dormir là ? sans veille

 

Et cette brise matinale, qui pousse

A désunir par jeu, vos boucles rousses

Se vente à fredonner, en ritournelle

Qu’il paraît profond, votre sommeil

 

Les rayons à bout, se courroucent

Vainement à colorer votre frimousse

Qui se révèle, telle la lune de ce soir

Etrangement pâle, comme illusoire

 

Vous êtes étendue, la tête pivotée

Insensiblement à droite l’air hébété

Avec au cou les traces d’empreintes

De mains d’on t’on saisit l’étreinte

 

Il y a là, couchée sur le frais gazon

Inerte, une jeune fille sans raison.

 

 

* Inspiré du Dormeur du val d’Arthur Rimbaud.

 

 

 

Commentaire n°6 posté par RAOUX le 22/09/2008 à 18h28
Très belle adaptation!
Réponse de Mireille le 23/09/2008 à 08h24

Bonjour
Merci pour votre commentaire.

Les oies sauvages de Maupassant n'est pas mal non plus?

Commentaire n°7 posté par Raoux le 26/09/2008 à 09h10
Je ne connais pas!
Réponse de Mireille le 26/09/2008 à 09h30

Les oies sauvages

Les oies sauvages.
Tout est muet, l'oiseau ne jette plus ses cris.
La morne plaine est blanche au loin sous le ciel gris.
Seuls, les grands corbeaux noirs, qui vont cherchant leurs proies,
Fouillent du bec la neige et tachent sa pâleur.

Voilà qu'à l'horizon s'élève une clameur ;
Elle approche, elle vient, c'est la tribu des oies.
Ainsi qu'un trait lancé, toutes, le cou tendu,
Allant toujours plus vite, en leur vol éperdu,
Passent, fouettant le vent de leur aile sifflante.

Le guide qui conduit ces pèlerins des airs
Delà les océans, les bois et les déserts,
Comme pour exciter leur allure trop lente,
De moment en moment jette son cri perçant.

Comme un double ruban la caravane ondoie,
Bruit étrangement, et par le ciel déploie
Son grand triangle ailé qui va s'élargissant.

Mais leurs frères captifs répandus dans la plaine,
Engourdis par le froid, cheminent gravement.
Un enfant en haillons en sifflant les promène,
Comme de lourds vaisseaux balancés lentement.
Ils entendent le cri de la tribu qui passe,
Ils érigent leur tête ; et regardant s'enfuir
Les libres voyageurs au travers de l'espace,
Les captifs tout à coup se lèvent pour partir.
Ils agitent en vain leurs ailes impuissantes,
Et, dressés sur leurs pieds, sentent confusément,
A cet appel errant se lever grandissantes
La liberté première au fond du coeur dormant,
La fièvre de l'espace et des tièdes rivages.
Dans les champs pleins de neige ils courent effarés,
Et jetant par le ciel des cris désespérés
Ils répondent longtemps à leurs frères sauvages.

Peut-être mon préféré...

Amitiés
Commentaire n°8 posté par RAOUX le 28/09/2008 à 19h42
En effet, très beau poème!
Réponse de Mireille le 29/09/2008 à 08h36
 
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