La Gioconda d'Amilcare Ponchielli

Publié le par Mireille

Pour la première fois, le Grand Théâtre Massenet a accueilli ce week-end La Gioconda d'Amilcare Ponchielli (1834-1886). Ce drame lyrique en quatre actes, dont la version définitive date du 12 février 1880, est rarement joué et pourtant il mérite d'être connu. Il faut dire aussi que le metteur en scène Jean-Louis Grinda n'a pas lésiné sur les moyens: plus de cent personnes sur scène, plus de trois cent costumes somptueux et des effets spéciaux pour recréer la splendeur de Venise, son carnaval au XVII°s., mais aussi son pouvoir politique intolérant.

 
 

C'est la pièce de Victor Hugo Angelo, tyran de Padoue qui a servi de source d'inspiration au librettiste Arrigo Boito pour écrire l'histoire de Gioconda, chanteuse de rue, interprétée avec brio par Cristina Piperno.

 

Acte I: La Gueule des Lions (Cour du Palais des Doges)
Gioconda est amoureuse d'Enzo, un noble banni de Venise qui, lui, est épris de Laura, femme d'Alvise, le chef de l'Inquisition d'Etat. Mais Barnaba, membre influent de la cité, veut séduire Gioconda qui refuse ses avances. Pour se venger, celui-ci accuse à tort la mère de Gioconda, une femme aveugle (la Cieca) de sorcellerie. Laura demande à son époux la grâce de la vieille dame. En remerciement, la Cieca lui offre son rosaire. La libération de la mère de Gioconda et son amour pour Enzo provoquent la colère de Barnaba. Il va tenter d'éloigner son rival en lui promettant d'organiser sa fuite avec Laura. Cependant, il va avertir Alvise des projets de son épouse en lui écrivant une lettre qui glisse dans la Gueule aux Lions. Gioconda, qui a entendu Barnaba dicter sa lettre à un écrivain public, décide de tuer Laura.

 
 

Acte II: Le Rosaire (Une nuit sur une rive déserte d'une île de la lagune de Fusina)
Cachée dans le bateau qui doit éloigner les fugitifs, Gioconda tente de poignarder Laura quand soudain elle reconnaît le Rosaire donné par sa mère. En reconnaissance du geste salvateur de Laura, Gioconda se ravise et se résigne à la laisser s'enfuir avec Enzo. Sur ces entrefaites, Alvise, averti par Barnaba, arrive. Laura réussit à fuir et Enzo se jette à la mer.

 
 

Acte III: La Ca' d'Oro
Laura est rattrapée par son époux. Celui-ci l'oblige à boire un poison pour la punir de son infidélité. Pendant ce temps, une fête est organisée en son palais. Gioconda présente à la fête parvient à substituer le poison par un puissant somnifère. A l'issue de la fête, Alvise décide de montrer le cadavre de son épouse. Caché parmi les invités, Enzo se confond. Pour lui éviter une arrestation, Gioconda promet d'épouser Barnaba qui prend la Cieca en otage.

 
 
Acte IV: Le Canal Orfano
Désespérée, Gioconda, qui a perdu son amour et sa mère, pense à se suicider (Suicido). Le corps de Laura, toujours endormie, est transporté dans un palais en ruine. Gioconda espère secrètement que Laura ne se réveillera pas, mais le miracle n'aura pas lieu. Laura part avec Enzo venu la chercher. Lorsque Barnaba arrive, Gioconda se poignarde sous ses yeux et n'entendra pas sa dernière cruauté: il vient de tuer la Cieca.
 
 

L'histoire peut paraître complexe, mais tous les éléments du drame sont en place pour aboutir à l'ultime sacrifice de l'héroïne sous l'ovation d'un public, qui après environ quatre heures de spectacle entrecoupé de deux entractes, ne cesse d'applaudir aussi bien les acteurs principaux, que le choeur et l'orchestre symphonique de Saint-Etienne sous la direction de Laurent Campellone.

 
 

Si l'oeuvre de Ponchielli n'est pas très connue, en revanche qui ne connaît pas l'un des plus beaux ballets d'opéra La Ronde des heures, repris par Disney dans Fantasia, et brillament interprété par les ballets de l'Opéra de Nice? Encore une fois, l'Opéra-Théâtre de Saint-Etienne a offert aux mélomanes de la région un spectacle de grande qualité.

 

Publié dans Musique & opéra

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Lune de pluie 07/03/2008 21:37

Quel dommage que tu ne nous rejoignes pas au défi musical classique. Ce serait intéressant d'avoir tes coups de coeur et avis.

Nanne 12/02/2008 21:54

Mireille, c'est ce que l'on appelle du bonheur entre les oreilles o))) Merci pour cette représentation d'un opéra très peu connu du grand public !!!

Mireille 13/02/2008 09:02

C'est vrai que cet opéra mériterait d'être plus connu.

Karine 06/02/2008 03:00

Je ne connaissais pas du tout ni l'opéra ni même le compositeur! Très intéressant, ce billet!

Mireille 06/02/2008 08:21

Je vais faire un prochain billet sur le compositeur que je ne connaissais pas non plus!