Mort et vie d'Edith Stein de Yann Moix ***

Publié le par Mireille

Numéro 44074
Edith Thérèse Hedwig Stein
née le 12 octobre 1891 à Breslau
venant d'Echt
morte le 9 août 1942 à Oswiecim.


undefinedVoici l'épitaphe qui aurait pû être gravée sur la tombe d'Edith Stein si elle n'avait pas été gazée, puis brûlée dans un des fours crématoires d'Auschwitz.

 

Tel un hagiographe expérimenté, Yann Moix retrace, dans son dernier livre, la vie de cette Sainte, née dans une famille juive pratiquante à Breslau, jadis ville prussienne, aujourd'hui polonaise.
Après de brillantes études, Edith va étudier la philosophie à l'Université de Göttingen. Elle devient élève, puis assistante, du maître de l'époque, le phénoménologue Husserl.
En 1915, elle interrompt ses études et s'engage, comme aide-soignante, dans la Croix-Rouge pour participer à la guerre. Edith est une juive athée et ne se retrouve pas dans le judaïsme. Cette expérience sur le front autrichien lui fait découvrir le mystère de l'eucharistie.
Quelques années plus tard, elle se convertit au catholicisme au grand désespoir de sa famille qui se sent trahie. « Elle aime Jésus de plus en plus. Que faire sans lui? C'est comme son « mec » » (p. 113)
A quarante deux ans, elle entre au Carmel de Cologne. Cinq ans plus tard, elle devient soeur Thérèse Bénédicte de la Croix.

Parallèlement, l'antisémitisme commence à se manifester. Elle quitte le Carmel de Cologne pour celui d'Echt, en Hollande. Un mandat d'arrestation est lancé contre elle. En août 1942, elle est arrêtée et déportée à Auschwitz. « Les Nazis sont venus chercher la martyre: chrétienne pour l'exterminer en tant que martyre: juive. » (p. 151)
Edith est béatifiée le 1er Mai 1987 et canonisée le 11 octobre 1998.

 
 

Un bel hommage à cette philosophe allemande, juive convertie au catholicisme, morte à Auschwitz et canonisée par Jean-Paul II, rendu par Yann Moix qui est parvenu à décrire avec talent, de l'intérieur même de l'âme, le cheminement vers le christianisme de celle qui n'a jamais renoncé à son identité juive. L'usage à outrance des « deux-points », qui rend le style saccadé, et le plaidoyer pour Israël à la fin du roman peuvent cependant un peu agacer le lecteur !

 

Grasset, 2008
ISBN 978-2-246-73261-7

Commenter cet article

Nanne 31/01/2008 21:24

J'ai entendu parler de ce dernier livre de Yann Moix, que je n'apprécie pas particulièrement ... Cependant, cette histoire originale d'une Juive convertie au catholicisme et déportée à Auschwitz pour, finalement être canonisée par Jean-Paul II me tente beaucoup. J'attendrai sa sortie en poche, parce que c'est un format que j'aime (à moins que je ne craque avant !!). Un peu dans le même genre, tu as le "Journal" d'Hélène Berr avec une préface de Patrick Modiano qui est un vrai chef d'oeuvre, à ce que l'on dit.

Mireille 01/02/2008 18:51

Le reproche que je ferais à l'auteur est la liberté qu'il prend avec la langue française, dont la ponctuation fantaisiste. Sans vouloir être puriste, il ne faut quand même pas abuser !