Mercredi 21 novembre 2007
3
21
/11
/2007
08:30
Les Pollak sont une famille juive qui a dû s'expatrier de Hongrie pour échapper à l'émergence de l'antisémitisme dans les
Balkans. Le père, Eugène, est tailleur à Paris, spécialisé dans les gilets. Ils habitent un petit appartement à Belleville, puis à Montmartre. Charles est le seul des quatre enfants à être né à
Paris, en 1928, six ans après l'arrivée de sa famille en France.
En 1939, un mois après la déclaration de guerre, il est envoyé avec son frère André, de dix-huit mois son aîné, à Villers-sur-Mer. Il obtient son
certificat d'études en juin 1940 et rentre à Paris. Son diplôme en poche, il ne veut pas retourner à l'école Lucien-de-Hirsch et préfère se consacrer au métier familial: la couture. Ce retour
dans la capitale signifiera pour lui « la fin de l'insouciance ».
La persécussion des Juifs devenant de plus en plus menaçante, la famille émigre dans un village en baie de Somme, à Feuquières-en-Vimeu. Là-bas, ils
vont tous devoir « oublier » qu'ils sont de confession juive, d'autant plus que leur nouvel appartement se trouve face à la Kommandantur. Grâce au secrétaire de mairie,
Mr Lagneau, Eugène va réussir à obtenir pour sa famille des papiers d'identité sans la mention « Juif ». Et grâce à son talent de couturier, il va se faire une renommée
dans ce village où ils vont vivre les moments les plus durs de la Guerre.
En 1948, Charles rentre à Paris: son ancienne école a été rafflée, ses anciens camarades et professeurs ne sont pas revenus !
Un témoignage de Charles Pollak admirablement retranscris par Malika Ferdjoukh, avec son style bien à elle, toujours plein
d'humour et de subtilités. Au fil des pages, on perçoit l'importance de la famille, qui est restée très soudée et a su renoncer à beaucoup de choses -dont la pratique de leur religion- pour ne
pas se faire remarquer, et les actes de Résistance de la population picarde.
Un roman à lire et à faire lire par tous !
« Longtemps, nous nous sommes demandé pourquoi nous n'avions pas été dénoncés... Aujourd'hui, cela me paraît stupéfiant. Le village savait-il
qui nous étions, et pourquoi nous étions là? Probablement. Ceux qui avaient deviné n'ont rien dit. Ceux qui ne savaient rien n'ont pas posé de questions. » (p. 262)
Ecole des Loisirs (Medium), 2007
Vos avis