Félicien a toujours su qu'il avait été adopté, ses parents ne le lui ont jamais caché. Mais, il est obsédé par le mystère de sa naissance. Le jour de ses 18
ans, il accède enfin à son dossier d'adoption et découvre le nom de sa mère biologique: Samira Maziane, et son adresse de l'époque: Hôpital Mustapha à Alger. Bouleversé par ces informations, il
rate son bac scientifique. Mais, pour ne pas rester sur cet échec, il décide de faire une fugue. Accompagné de son appareil photo dont il ne se sépare jamais, il traverse la Méditerranée pour se
rendre en Algérie à la recherche de ses racines. Au cours de son périple qui le conduira jusqu'en Kabilye, il fera des rencontres décisives qui lui permettront d'en savoir davantage sur sa
famille biologique et de s'interroger sur le sens du mot famille.
Hier soir, j'ai lu "Noces à Tipasa", la nouvelle d'Albert Camus, comme me l'avait suggéré Nadia. Je ne suis pas certain d'avoir
tout compris, le texte est plus difficile qu'il n'en a l'air. J'ai pourtant retenu une phrase, sans doute parce qu'elle me convient bien: « Ce n'est pas si facile de devenir ce qu'on
est ». C'est sûrement vrai, et je n'ai pas fini de l'apprendre. Mais je pressens que, sur ce cap jeté au-devant de la Méditerranée, je deviens enfin moi (...)"
(p.124-125)
Ce roman, écrit à la première personne, aborde le thème de la quête d'identité. Sa construction en boucle démontre qu'une page se tourne dans
la vie de Félicien. Il va pouvoir commencer sa vie d'adulte avec plus de sérénité. Un bon moment de lecture qui me fait penser au roman de Berlie Doherty, La Pierre-Serpent, qui traite du même
sujet.
Actes Sud Junior, 2006
Depuis que son père
s'est noyé dans le canal, Valentin Moineau vit avec sa mère. Souffre-douleur de trois brutes de sa classe, il apprécie l'amitié de Léa qui l'aide à tenir le coup. A l'occasion d'un devoir de
français, il décide de continuer le travail entrepris par son père: faire son arbre généalogique. Et il est très surpris de voir un gros point d'interrogation sous la photo sépia du soldat Jules
Bathias, son arrière-arrière grand-père. Avec l'aide de Léa et de quelques adultes, il va mener l'enquête pour essayer de percer le mystère qui entoure son aïeul.
Un petit roman sans prétention et facile à lire. On suit avec intérêt l'enquête de Valentin dans le passé qui nous fait remonter à la Première Guerre
Mondiale. A la fois policier et historique, ce roman aborde des thèmes réalistes tels que la cruauté des enfants entre eux, les non-dits d'un village qui ne veut pas remuer le
passé.
Syros, 2006 (Souris Noire)

Allemagne, 1942. Bruno, 9 ans, mène une vie heureuse dans sa
luxueuse maison de Berlin. Un jour, en rentrant de l'école, il surprend la bonne en train de faire les valises et apprend que toute la famille va s'installer à Hoche-Vite, son père se voyant
confier une mission importante par le Fourreur. Là-bas, l'atmosphère est totalement différente: pas de magasins, pas de cafés, mais surtout aucun camarade avec qui jouer ! De la fenêtre de sa
chambre, Bruno n'aperçoit que de vagues silhouettes vêtues d'un pyjama rayé. Intrigué par ce qui se passe de l'autre côté de la barrière, Bruno longe les barbelés et se lie d'amitié avec un jeune
Polonais de son âge, Shmuel. Leur amitié va durer une année jusqu'au jour où Bruno décide d'aller explorer le camp à la recherche du père de son ami...
On pourrait être un peu agacé par la naïveté du jeune Bruno et la facilité avec laquelle les deux camarades arrivent à se voir. Mais
cet agacement est vite dissipé par l'épilogue. C'est un roman qui décrit de façon poignante la déportation et l'antisémitisme. A recommander aux adolescents, en particulier aux élèves de 3ème,
mais aussi aux adultes.
Gallimard, 2006 (Folio Junior)
Voir également la critique sur Passion des Livres
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