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Le fil d'Ariane

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Mercredi 30 avril 2008
4ème de couverture:


« Partir avec sa mère. Redevenir l'enfant qu'on n'en finit jamais d'être aux yeux de celle qui vous a mise au monde et admettre qu'il en sera ainsi pour l'éternité... Partir avec sa mère. Une bonne action pour rattraper les mauvaises. »



Juive née à Vienne, Frieda a dû s'expatrier en France avec sa famille dès l'annexion de l'Autriche à l'Allemagne en 1938. En guise de réparation, le gouvernement autrichien vient d'accorder à toute personne ayant été obligée d'interrompre ses études pour fuir le régime nazi une modeste pension. Un bon prétexte pour Frieda pour retouner dans sa ville natale qu'elle n'a pas revue depuis son exil forcé. Mais elle ne souhaite pas faire ce « pélerinage » seule: elle se fait accompagner par sa fille Clara qui, elle, ne sent pas du tout couler du sang viennois dans ses veines.
Pourtant, ce premier voyage dans la capitale autrichienne en appelera un autre. En tant que journaliste, Clara prétexte vouloir écrire un papier sur le film Le Troisième Homme pour pouvoir s'envoler à nouveau pour Vienne, avec cette fois pour seul guide les souvenirs de sa mère.
Ce second voyage sera pour Clara une sorte de retour à Ithaque. Petit-à-petit, elle s'approprie cette ville d'où est originaire sa famille maternelle. « Clara se sentait bien à Vienne, cette ville qu'elle apprenait à aimer, dans ces cafés où elle se sentait anonyme, mais pas solitaire, inconnue mais pas étrangère. » (p. 209)


Un très beau roman de Michèle Halberstadt qui nous plonge dans cette ambiance si caractéristique de Vienne: on se prend à rêvasser dans un café viennois en dégustant une Sachertorte accompagnée d'un Brauner! L'auteure nous invite en quelque sorte à une visite guidée de la ville, mais elle nous offre aussi, entre autres, une belle réflexion sur l'importance de la filiation. Connaître ses origines, les accepter, et prendre conscience qu'on ne peut pas les choisir, c'est faire un grand pas dans la vie. Dès que Clara admet qu'elle s'est trompée en ayant cru pouvoir choisir ses racines, les contours de sa vie lui apparaissent avec beaucoup plus de netteté et elle est prête à recommencer une autre vie avec sa famille.
« Clara était autant viennoise que parisienne et cela n'avait aucune importance. Sa mère qui avait été déclarée apatride, était irréductiblement une Wienerin, même si elle vivait en France depuis quarante ans. Clara était à son image. Un mélange de cultures, d'influences. » (p. 211)


Merci Moustafette de m'avoir permis de découvrir ce roman.


Café viennois de Michèle Halberstadt
Albin Michel, 2006 (212 p.)
ISBN 2-226-17331-5

 

par Mireille publié dans : Littérature francophone communauté : Les lectures de Florinette
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Mardi 29 avril 2008
4ème de couverture:


« J'étais seule avec mes filles désormais. Nous trois d'un côté, toi et Vincent de l'autre, de part et d'autre d'un mur invisible. Mais je me disais que tout était encore possible, je me croyais capable de tout changer, de te changer, de dissiper ta douleur. J'étais ton héroïne, la femme qui t'arracherait à ta mélancolie. L'indispensable. Mais je devais rivaliser avec elle, ta femme disparue, et plus le temps passait plus son poids s'installait entre nous. Le poids de sa splendeur, sa perfection, sa beauté, tout ce que j'imaginais. Et je me trompais, forcément que je me trompais. Elle n'était probablement pas parfaite. Elle était seulement morte. Je ne pourrai jamais l'égaler. »


Pour une fois, la 4ème de couverture résume parfaitement bien ce roman qui montre toute la difficulté qu'éprouve une femme ou un homme à refaire sa vie.

Le mari de Linda l'a quittée, la laissant seule avec ses deux filles Emilie et Dorothée. Sa rencontre avec un autre homme lui a permis de « renaître », de redonner un sens à sa vie. Mais son compagnon est veuf et a un garçon de quatorze ans, Vincent. Si l'adolescent a eu beaucoup de difficultés à surmonter le décès de sa mère, son père n'a pas encore fait le deuil de celle qui restera à jamais l'amour de sa vie. Pour la première fois, les deux familles partent ensemble dans le Sud-Ouest de la France, près de l'océan, un lieu de villégiature où Vincent et ses parents avaient l'habitude d'aller. Linda espère beaucoup - beaucoup trop - de ces vacances pour construire une famille recomposée. Finalement, elle prend conscience qu'elle ne pourra jamais, non pas remplacer, mais ne serait-ce qu'égaler l'épouse défunte de son ami.

Un très beau roman de Brigitte Giraud qui se lit d'une traite. L'absence de chapitres contribue à la fluidité de la lecture.

Gambadou a beaucoup aimé aussi.

Marée noire de Brigitte Giraud
Stock, 2004 (136 p.)
ISBN 2-234-05648-9

par Mireille publié dans : Littérature francophone communauté : Les lectures de Florinette
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Lundi 28 avril 2008

4ème de couverture:


« Antonio, maçon d'origine portugaise, et Anne-Marie, qui travaille dans un atelier de maroquinerie, ont un petit garçon, Kevin. Ils vivent à Montmirail, tranquillement. Un jour, Antonio va chercher Kevin à l'école. Il y voit la maîtresse de l'enfant, mademoiselle Chambon. A leur insu, les vies de l'institutrice et du maçon vont être bouleversées par cette première rencontre.
Antonio prend l'habitude d'aller chercher Kevin à l'école. Mademoiselle Chambon essaie d'établir la fréquence de ses passages. Elle lui demande de remplacer une fenêtre dans son appartement. Il vient chez elle, regarde le violon qu'elle possède. Elle doit s'avouer qu'elle est amoureuse.
Il est chez elle. Il travaille. Pendant ce temps, elle lit un roman. Pour lui, avant qu'il parte, elle joue de son instrument. Elle lui offre une cassette sur laquelle elle a enregistré une sonate de Bartók. Anne-Marie trouve la cassette. « Bartók, drôle de nom, qui est-ce? »
Ici, l'histoire de mademoiselle Chambon, d'Anne-Marie et d'Antonio ne doit être déflorée. Elle mérite qu'on la suive jusqu'au bout, amère et forte, comme la vie. »


Après la découverte de cet auteur avec La Baïne, j'ai enchaîné avec Mademoiselle Chambon. Même si j'apprécie toujours autant le style d'Eric Holder, j'ai trouvé ce roman moins intense que La Baïne.

Le scénario est un peu le même: un couple d'origine modeste qui mène une vie sans histoire, une vie somme toute banale, routinière, et dont le mari tombe amoureux de l'institutrice de son fils, célibataire. Mais, ce qui suscite l'intérêt et la force de ces deux romans, c'est l'épaisseur des personnages. La rencontre de Mlle Chambon permet à Antonio de prendre conscience de sa condition sociale et de son avenir sans réelles perspectives: « Sa vie, son avenir, ne lui étaient jamais apparus avec autant de netteté. Il continuerait de travailler à soixante-quinze francs de l'heure. Peut-être un jour, s'il persisitait à ne pas enfiler le masque pour meuler, aurait-il, comme son père, les poumons gris. Il se battrait pour obtenir une pension. Quatre mille francs par mois. Il serait alors contraint, toujours comme lui, de cultiver un potager, de faire un peu d'élevage. » Même si son amour avec Véronique Chambon semble impossible, Antonio va prendre une décision importante pour sa vie: agir au lieu de subir!


Mademoiselle Chambon d'Eric HOLDER
Flammarion, 1996 (174 p.)
ISBN 2-08-067334-3

par Mireille publié dans : Littérature francophone communauté : Les lectures de Florinette
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  • : Mireille
  • : Professeure-documentaliste, je suis passionnée de lecture, curieuse de découvrir de nouveaux auteurs. Ma 2ème passion: la musique classique.

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