Vendredi 16 novembre 2007
Juette est née en 1158 à Huy, petite ville commerçante de l'actuelle Belgique, près de Liège. C'est une enfant frêle, solitaire et rêveuse. Elle n'a qu'un confident, Hugues de Floreffe,
un prêtre.
Comme le veut la tradition, elle sera mariée à l'âge de treize ans. Cinq ans plus tard, elle est veuve. Toute
sa vie, Juette restera une femme qui dit non: non au mariage, non à l'enfantement, non aux hommes avides, non au clergé corrompu. Malmenée par l'Eglise qui la soupçonne d'hérésie, elle va trouver
sa place dans cette société médiévale rigide et conventionnelle, régie par la foi catholique, en se consacrant aux lépreux dans une ferveur mystique. Pour certains, elle va devenir une sainte,
pour d'autres une menace.
Juette était-elle une féministe avant l'heure? Peut-être ! En tout cas, ce récit à deux
voix, celle de Juette et de son ami prêtre, Hugues de Floreffe, ne m'a pas vraiment enthousiasmé !
Grasset, 2007
Chiffonnet et Clarabel l'ont lu !
« L'art ne reproduit pas le visible ; il rend visible. »
Paul
Klee
Samuel Zengler, dit « Sam », est policier à Genève, spécialiste en informatique. Il est envoyé en mission temporaire à Berne où il est réduit au rôle
de « 022 » et doit obéir aux ordres sans discussion.
C'est l'été. Sa femme, restée à Genève, part en voyage d'affaire en Belgique et lui « envoie » leur fille Léna, une adolescente
de 13 ans un peu bougonne, baladée entre ses deux parents.
Au moment où Léna débarque à Berne, une marionnette réalisée par Paul Klee pour son fils, un autoportrait, disparaît du Centre Paul Klee.
Sam se découvre tout-à-coup une passion pour l'oeuvre de Paul Klee. Officieusement, il va mener l'enquête avec Léna.
Ce petit roman, d'une lecture agréable, est à la fois un roman « intimiste » (relations père-fille) et policier qui explore le monde de
l'art. Certes, l'enquête peut paraître un peu invraisemblable (le lecteur devine assez rapidement l'identité du coupable), mais le vol de la marionnette et l'univers de Klee servent de prétextes
à la réconciliation familiale. C'est dans les écrits et l'oeuvre du peintre qui invite à voir au-delà des apparences -entre autres dans son poème « Voyage au pays de la meilleure
connaissance »- que Sam trouvera la résolution de ses problèmes. Originalité de ce roman pour la jeunesse: le narrateur est Samuel Zengler, un adulte, alors qu'on aurait pu s'attendre à ce
que ce rôle soit attribué à Léna !
La Joie de Lire, 2007
Ce roman pourrait avoir comme sous-titre « Mère Courage et ses enfants ».
Reine Rousseau, orpheline de mère à l'âge de sept ans, est une Vendéenne courageuse qui puise son énergie et sa force dans sa confiance
en Dieu.
En août 1929, elle épouse, par devoir plus que par amour, Henri Blé et aura treize enfants en seize années de mariage. Elle travaillera dur toute sa vie pour nourrir ses enfants, payer les dettes
de son vaniteux de mari dont elle devra de surcroît subir les violences physiques et verbales.
Une Sainte ? Oui, en quelque sorte, puisqu'elle soignera pendant six ans, six années « d'escalavage », son époux hémyplégique, toujours aussi autoritaire et humiliant, sans jamais un
sentiment de vengeance. Elle accomplira son devoir d'épouse et de mère jusqu'à la fin de sa vie. Ses enfants lui en seront reconnaissants bien au-delà de sa mort.
Un bon « roman du terroir » de Yves Viollier dont j'ai fait la connaissance lors de
la dernière Fête du Livre.
par Mireille
publié dans :
Romans du terroir
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