Marie vit dans le Nord de la France, près de Calais, avec son mari, chauffeur de bus scolaire, et ses deux enfants. Depuis son licenciement, elle ne travaille plus. Un soir, en rentrant à la
nuit tombée avec son fils, elle tombe en panne. Un « Kosovar » passant par là lui change sa roue crevée. Il tend la main pour recevoir un billet, mais Marie ne comprend pas. Le
lendemain, elle s'engage dans une association caritative pour aider les réfugiés qui errent dans les rues depuis la fermeture du centre de Sangatte. Mais, Marie, fragilisée par le décès
accidentel de sa soeur Clara à l'âge de 18 ans, n'arrive pas à concilier sa vie de famille et le bénévolat : elle se néglige, elle néglige son couple et ses enfants, passe du côté de l'illégalité
et sombre dans la folie.
Que dire de ce roman? J'ai un avis très mitigé. Certes, l'histoire est bouleversante. L'héroïne ne laisse pas le lecteur
indifférent; on a envie parfois de la secouer, parfois de la mettre en garde. L'auteur a bien su décrire le quotidien de deux univers. Mais pourquoi ces expressions vulgaires inutiles? Doit-on
obligatoirement utiliser le langage de la rue, la vulgarité, pour retranscrire l'émotion suscitée par la misère ordinaire d'un quotidien sans avenir ? C'est vraiment dommage ! Ce roman est
« goncourable » et bien, sincèrement, j'espère qu'il ne sera pas le lauréat!
Editions de l'Olivier, 2007

Helen et
Milena mènent une vie très austère à l'orphelinat où elles subissent humilations et brimades. La seule liberté qui leur est accordée est de pouvoir passer, trois fois l'an, quelques heures chez
leur « consoleuse », une sorte de mère de substitution. Un soir, Helen, accompagnée de Milena, demande l'autorisation de sortir. En chemin, elles rencontrent deux jeunes garçons, Milos
et Bartoloméo, qui eux-aussi sont séquestrés à l'orphelinat de garçons. Ils décident de prendre la fuite en découvrant que leurs parents, opposants politiques, ont été
assassinés, il y a quinze ans, par La Phalange qui impose un régime totalitaire au pays. Ils vont donc entrer en résistance. Malheureusement, Milos, blessé, se fait prendre et
est envoyé dans un camp d'entraînement pour participer au combat d'hiver des gladiateurs, dans l'arène de la capitale, devant des personnalités du parti où le plus faible doit mourir. Pendant ce
temps, les autres obtiennent le soutien des « hommes-chevaux » et comptent sur la voix de Milena, qu'elle a héritée de sa mère, pour soulever le peuple et s'insurger contre les
barbares.
Un roman à la fois fantastique et réaliste grâce aux nombreuses références à la réalité:
dictature, combat, etc. Une histoire sombre, écrite en deux grandes parties, mais aussi pleine d'espoir: un combat pour la liberté qui ne laisse pas le lecteur indifférent. Un
excellent roman de Jean-Claude Mourlevat !
Gallimard, 2006
Voir également le commentaire de Clochette.

Enfant unique, Philippe s'invente une famille, un frère, auquel il donne son prénom à un ours en peluche. Cet enfant chétif et malingre est le fils
de deux sportifs des années 40, gymnastes voués au culte du corps, fous amoureux, dont il imagine leur rencontre sur un stade. Or, un jour, il apprend grâce à Louise qu'il a bel et bien
eu un frère, Simon. La vieille voisine lui raconte, l'année de ses quinze ans, sa véritable histoire, une histoire dramatique comme celle qu'ont vécue de nombreux
Juifs.
L'adolescent qu'est devenu Philippe ne juge pas ses parents : ni leur amour, ni
leur mensonge. Il comprend leur silence et devient adulte à son tour.
Un secret est un livre sobre : rien n'est vraiment dit, tout est suggéré. Un bon moment de lecture ! Le film est-il aussi bien réussi ?
LGF (Le Livre de Poche), 2007
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